Framasoft stoppe sa collaboration avec l’Éducation Nationale

05/12/2016
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Dans un billet de blog publié le 25 novembre dernier, l’association explique les motivations dans ce choix. L’entrisme des GAFAs et le mutisme de l’administration face aux sollicitations de Framasoft sont au cœur de cette décision.

La charge du billet est musclée, c’est le moins que l’on puisse dire. Dénonçant la démagogie d’un ministère qui se voulait « technologiquement neutre » et rappelant que tout choix technologique est en soi une forme d’aliénation, le billet charge la ministre de l’Éducation Nationale. En clair, si ce n’est par incompétence, c’est une « stratégie réfléchie et partisane » qui est à l’œuvre au sein de l’Éducation Nationale.

Microsoft au cœur de la discorde

L’association rappelle ici que l’entrisme de Microsoft au sein de l’administration n’est pas récent, les premiers accords datent de 1997. Outre l’impact que peuvent avoir ces accords-cadres sur les finances publiques, l’association dénonce l’inflexibilité du ministère qui n’aurait pas changé un élément de sa stratégie malgré treize années de militantisme de Framasoft.

Évidemment, le dernier accord-cadre signé en 2015juste après la grande consultation nationale pour le Projet de Loi Numérique porté par la ministre Axelle Lemairea été unvéritabledéclencheur.Mis en lumière par l’émission cash investigation, il fut contesté par nombre de structures de la société civile et acteurs du logiciel libre. L’April le qualifiait alors commeune « mise sous tutelle de l’informatique à l’école » par Microsoft.

Même si Framasoft rappelle dans ce billet quelques initiatives portées par le ministère en faveur du logiciel libre, le compte n’y est pas. Ces projets sont peu nombreux et faiblement dotés. Les décideurs ne sont clairement pas impliqués et caricaturent les inconvénients posés par une transition vers le logiciel libre.

En clair, l’association est lasse devant un temps et une énergie déployée en pure perte.

Les choix de Framasoft

Dénonçant aussi la réunionite à l’œuvre, Framasoft préfère revenir vers les acteurs. L’association a, depuis ses toutes premières actions, privilégié les partenariats avec des structures solidaires et relevant de l’éducation populaire et c’est vers ces derniers qu’elle compte bien prolonger son action.

Dans ce secteur aussi, il y a fort à faire : Framasoft dénonce ici aussi l’entrisme des GAFA et le « libre washing » dont fait l’objet l’ESS. L’association prend en exemple la SocialGoodWeek, avec pour partenaires MS et Facebook, ou ADB Solidatech qui équipe des milliers d’ordinateurs pour associations avec des produits MS à prix cassés.

Dégooglisons Internet !

Degooglisons Internet est le nom du projet porté par Framasoft visant à déconcentrer les services disponibles sur internet en mettant en valeur des solutions libres dans lesquels il n’est pas fait commerce des données privées de l’utilisateur. La liste des services est impressionnante et donne espoir sur l’indépendance que nous pouvons conserver dans nos usages numériques quotidiens.

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